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En ce qui concerne le vol des données bancaires et le maintien du secret bancaire, il est urgent de le leur signifier aujourd’hui, et avec la plus grande détermination: on enjoint à nos ministres fédéraux de cesser de pratiquer l’autoflagellation, en rendant leurs états d’âme publics! Ou s’ils se montrent incapables de tenir leur langue, de faire preuve de la plus élémentaire fermeté dans la défense des principes devant la voracité des Etats endettés aux alentours de la Suisse de s’en aller. La cacophonie gouvernementale qui règne depuis quelques jours, alimentée par les petites phrases irresponsables de Micheline Calmy-Rey, puis par Hans-Rudolf Merz sont indignes d’un Collège. Elle a atteint l’insupportable.
Sur le fond et sur la forme, aucune raison ne justifie en effet l’abandon du secret bancaire. Avec sa lucidité habituelle, et comme quelques autres esprits éclairés avec lui, le président des libéraux genevois Michel Halpérin l’a judicieusement rappelé dans nos colonnes lundi. Dans la lutte contre la concurrence internationale acharnée, on aimerait que chacun en Suisse en prenne conscience, tout comme de la nécessité de conserver une diversité du service bancaire qui reste un atout important pour ce pays. Dans cette palette, la qualité du conseil fiscal n’est pas anodine également. L’hostilité montante contre le modèle offshore omet de voir à quel point les prestations globales offertes par les banquiers restent une donnée importante non seulement pour le wealth manangement, mais aussi et surtout pour les Suisses eux-mêmes. Juste une année après avoir décidé de l’abolition de l’imposition selon la dépense, improprement appelé forfait fiscal, les Zurichois sont en train de le mesurer à leurs dépens. Beaucoup de ressortissants fortunés, établis autour de la Limmat et du lac, fuient le canton pour se diriger vers des cieux plus cléments, à Schwyz ou à Zoug, ou plus loin encore. Dans le canton de Vaud, la gauche s’apprête à engager un bras de fer bien inutile par un référendum dont les conséquences seraient absurdes en cas d’aboutissement. Elle prend en effet le risque de voir les étrangers fortunés créer des trusts à Londres par exemple, sans payer le moindre centime d’impôt ici. Ce serait un comble, comme le rappelle fort opportunément Pascal Broulis dans l’entretien que le ministre des Finances vaudois nous accorde (lire page 7). Alors qu’on tire à l’extérieur et à l’intérieur sur la Suisse, personne ne pourra jamais empêcher les capitaux de s’en aller là ou bon leur semble. Dans les îles anglo-normandes ou à Singapour, par exemple, sur lesquels tout le monde ferme les yeux.
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