Les événements extrêmes survenus depuis l'été 2007 n'ont pas encore créé l'électrochoc changeant les réflexes des investisseurs. Leur comportement actuel l'illustre à merveille. Les craintes concernant l'évolution de la conjoncture provoquent à nouveau un mouvement en masse vers les classes d'actifs réputées les plus sûres. La situation sur le marché des dettes gouvernementales en donne un exemple particulièrement impressionnant. Attachés à l'image de sécurité véhiculé depuis toujours par ces titres, les acteurs semblent persister à vouloir ignorer les évolutions anormales de ce marché pouvant inspirer des inquiétudes. Elles sont pourtant nombreuses. Les finances publiques des pays développés ne cessent de se détériorer. Mais la prime de risque demandée n'augmente pas, bien au contraire, la hausse de la demande rendant les conditions de financement extrêmement favorables. Le coupon très modeste des obligations souveraines à 10 ans ne compensera probablement pas l'inflation. Le scénario en cas de hausse des taux si le renchérissement retrouve plus de vigueur serait évidemment encore plus défavorable. Et le renversement au moment que celui-ci prend la place des craintes déflationnistes...