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Vendredi 03 février 2012 | Page 1


La mégafusion se rapproche entre géants des commodities

Glencore/Xstrata. Les deux groupes suisses reviennent avec ce qui semble être davantage qu’une rumeur.
christian affolter

L'affaire vieille de plusieurs années et relancée autour de rumeurs et de confirmations à demi-mot a fini par prendre de l'ampleur hier. Premier élément, le communiqué publié par Xstrata sur le site de la London Stock Exchange confirmant que le groupe de Zoug a été approché par son voisin de Baar, Glencore, et qu'il se trouve en discussions en vue d'une fusion entre égaux. Tout en précisant que Glencore, qui détient déjà 34% de Xstrata, doit déclarer ses intentions - offre de fusion ou non - d'ici le 1er mars. Certains estiment que la cotation de Glencore à Londres et Hong Kong depuis mai 2011 a contribué à accélérer le processus de manière décisive, attribuant enfin une valeur au leader mondial du négoce en matières premières, et lui procurant les ressources nécessaires. La pertinence stratégique d'une telle opération n'est ainsi pas mise en question. Si elle n'a pas abouti jusqu'à présent, cela semble surtout dû à des divergences de vue concernant la valorisation.
Pour Xstrata, elle représenterait une sorte de retour aux sources, avec la cotation de l'action en plus. Car l'ancienne Südelektra créée en 1926 à Zoug, investissant dans des projets d'infrastructures électriques en Amérique latine, était déjà entrée en 1990 dans le périmètre de Glencore, créé par Marc Rich. Ce dernier avait acquis la part majoritaire jusque là détenue par UBS. Il a débuté sa transformation en groupe minier, concrétisée par le changement de nom en 1999. Le mouvement s'est accéléré depuis la cotation du titre à Londres en mars 2002, avec la reprise de mines de charbon de Glencore en Australie et en Afrique du Sud, et l'arrivée du président exécutif actuel Mick Davis. Cet ancien de Billiton, qui passe pour l'artisan de la fusion avec BHP, a par la suite donné à Xstrata son envergure actuelle par des acquisitions majeures, Falconbridge (complétée en 2006) en tête.



Débat recentré sur les données économiques

Les médias suisses ont été invités par le groupe Saab en Suède.

Le Conseil fédéral voulait reporter la décision à un moment plus opportun. L'automne dernier, le Parlement a toutefois décidé de relever le plafond des dépenses de l'armée à 5 milliards, afin de financer l'achat de 22 avions de combat. Selon les dernières estimations, il faudra trouver750 millions de francs en 2014, et 550 millions l'année suivante. Outre l'aspect du financement, le scepticisme face à ce projet a encouragé une multitude de réponses dans les médias. Ceci, à l'heure même où Saab décide d'entamer une campagne de communication pour faire suite à la décision prise par armasuisse en novembre. Lors d'un voyage de presse organisé en début semaine, Håkan Buskhe, CEO, a essayé de faire passer un message ancré dans la confiance et la patience. Le responsable de la commercialisation des Gripen E/F reste par ailleurs stoïque face aux critiques. Outre ces rebondissements, Dassault a annoncé cette semaine une contre-offre pour 18 avions, censés concurrencer la proposition de Saab. Mercredi, l'Inde confirme l'achat de 126 Rafale, propulsant ainsi Dassault en tête d'une course internationale pour le remplacement d'un arsenal militaire vieillissant.


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AGENCES - COMMUNIQUÉS



EDITORIAL Stéphane Gachet

Ce que les statistiques ne disent pas

A chaque publication des chiffres du commerce extérieur, les mêmes contrastes apparaissent. Le secteur horloger crée un écart tellement important qu'il donne l'impression d'une erreur statistique. En réalité, ces chiffres reflètent beaucoup plus qu'une performance: le nouveau niveau de domination de la montre suisse. En soi, les 19,2% de croissance communiqués hier (lire ) ne surprennent pas vraiment. Les projections tablaient sur une progression des exportations annuelles 2011 proche du niveau de 2010, déjà classé exercice record. Dans la même veine, on commence aussi à mesurer la «normalisation à haut niveau» dont il est question de manière récurrente depuis plusieurs mois. Le détail est toujours significatif, comme la tendance très positive de la demande aux Etats-Unis, ou le maintien de l'Europe, malgré l'avancée des débouchés asiatiques. A noter surtout la prépondérance des montres de plus de 3000 francs. Est-ce bien nécessaire de le rappeler chaque fois, puisque la seule vraie particularité de l'horlogerie suisse est de dominer de manière quasiment monopolistique la montre de plus de 3000 francs?
Ce que les statistiques n'évoquent pas en revanche, c'est la position que l'horlogerie suisse a gagné dans le champ des valeurs d'investissement. Les prix record des ventes aux enchères le disent sans équivoque: la montre suisse (très) haut de gamme a rejoint les œuvres d'art et la joaillerie. Le phénomène est très récent. Il n'était encore qu'embryonnaire il y a cinq ans. C'est un courant dominant aujourd'hui, et la crise du luxe de 2008-09 n'a fait que renforcer la tendance en démontrant sa fonction de refuge. L'effet est très spectaculaire, et il est peut-être loin d'être épuisé.


lien vers le no 2011-10 d'indices
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