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Jeudi 02 septembre 2010 | Page 1


Les marchés confrontés à une situation inconnue

L’énorme déséquilibre en faveur des obligations va apparemment provoquer un basculement des inquiétudes.
christian affolter

C'est le réflexe le plus classique des investisseurs. Face à l'inconnu, il faut trouver refuge dans les classes d'actifs réputées sûres, passer des actions aux obligations. La période actuelle marquée par la crainte d'une double récession et le scénario de déflation, avec des prix obligataires poussant les taux à des pourcentages d'une faiblesse extrême, en livre le reflet le plus parfait. Mais il crée une situation inédite. Personne ne semble vouloir s'interroger sur le risque de ne pas atteindre l'objectif de performance en investissant maintenant dans des titres à revenu fixe. Ce n'est pourtant même plus un risque, mais une quasi-certitude, les coupons des obligations à dix ans ne compensant probablement même pas le renchérisssement. Sans parler des autres risques menaçant les investisseurs en quête de sécurité. Le rendement à plus longue échéance a de très fortes chances d'être négatif. La prochaine grande déception sur les marchés paraît déjà programmée.
D'un autre côté, la capitalisation des marchés actions mondiaux atteint juste les deux tiers du plafond de fin octobre 2007. Accrochés à leurs réflexes face à l'inconnu, les investisseurs hésitent toujours à revenir dans cette classe d'actifs, même si les risques de baisse ont diminué. D'autant plus que bon nombre de directeurs des investissements leur recommandent à nouveau de la souspondérer, prédisant une baisse au moins jusqu'à la fin du troisième trimestre. Rien ne semble actuellement pouvoir déclencher un nouveau mouvement de fond en sa faveur. Les indicateurs macroéconomiques n'inspirant guère la confiance, ils semblent durablement primer sur la croissance des bénéfices des entreprises. Les analystes ne le démentent pas, avec même pas un tiers de conseils à l'achat, alors que les marchés actions ont rarement été aussi sous-valorisés par rapport aux prévisions de bénéfices! Ces réflexes ne sont-ils pas absurdes? A l'heure actuelle, les actions n'offrent certes aucune garantie, mais au moins un potentiel de rendement. 



Les subventions pour l’innovation
Important conflit de doctrines

Enquête BRI sur les actifs émergents
Les vrais refuges de demain

Patrick Combes sur le recul des volumes
Tradition en phase de transition

Implants dentaires et numérique
Le marché bien peu réceptif

Assistance administrative (fiscalité)
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Sur le présage d’Hindenburg

Preuve tardive par les chiffres
Le credit crunch n’a pas eu lieu

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Montée en puissance de l’Amérique latine

Entretien avec Jean-Pascal Bobst

La réorganisation à visage découvert


Privat Banking Summit à Zurich

Les pressions allemandes favorisent la Suisse


Le retour de la communication

Sir Martin Sorrell. De passage à Genève Le président du leader mondial de la publicité WPP précise sa stratégie de développement Elle passe évidemment par les émergents .

De passage à Genève, le CEO du groupe britannique de communication WPP (actif à l'échelle mondiale) observe une reprise des affaires sur les marchés traditionnels des journaux et des magazines au premier semestre, portées par le marché américain notamment. La crise ayant permis un réajustement des prix par rapport aux médias online. Sir Martin Sorrel reste toutefois réservé sur les prévisions à long terme dans le secteur de la publicité. Selon lui, les craintes de contagion financière en zone euro en provenance de pays comme la Grèce, l'Espagne et l'Irlande, et l'attitude de l'administration Obama à l'égard des entreprises aux Etats-Unis contraindront les sociétés à la prudence. Le phénomène va affecter les budgets de communication 2011 des grands groupes. En revanche, le potentiel de croissance exponentielle des pays BRIC demeure intact. Celui des Next 11 tels que le Vietnam, la Turquie, le Bangladesh, le Mexique ou encore la Colombie, offrent des perspectives intéressantes. Le potentiel de développement de ces marchés a été renforcé récemment par les importants progrès du marché des télécommunications et des communications mobiles. Avec de la publicité très importante sur ces supports.


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AGENCES - COMMUNIQUÉS



EDITORIAL François Schaller

L’importance de l’histoire

A près de nonante-cinq ans, qui s'intéresse encore à ce que vous avez fait? Qui même s'en souvient? Quel contraste entre la disparition subite de Nicolas Hayek et la modeste nouvelle annonçant la mort d'Albert Amon. Le génie industriel qui s'est éteint cette semaine à Lausanne eut l'honneur d'une avenue à son nom (et de son vivant), mais le public ne connaît guère son œuvre. Ce collectionneur d'art et grand donateur dans la recherche médicale locale n'a jamais aimé la publicité. Il s'agit pourtant d'un véritable condensé, un intriguant cas d'école de ce que l'économie suisse a de plus typique: le succès mondial dans une spécialité sophistiquée et recherchée, trop étroite cependant pour attirer les géants.
Albert Amon a fait de la Société industrielle et commerciale de produits agricoles (l'origine du sigle Sicpa), créée par son père dans les années 1920, le leader absolu des encres de sécurité. Le fournisseur d'à peu près toutes les banques centrales  pour l'impression de la monnaie (à commencer par le dollar). Et pour l'encrage dissuasif de toutes sortes de documents prisés des faussaires. Il a attendu l'âge de septante ans pour lancer cette entreprise de technologie dans une diversification à risques qui l'a mise sur les genoux en une décennie (les encres d'emballage, dont elle fut leader dans les années 1990 avec plus de 4000 personnes dans le monde). Recentré aujourd'hui sur la sécurité (en un sens élargi et intégré), présidé par les deux fils, le groupe a ses laboratoires à Prilly et Chavornay. Avec une assistance technique permanente dans plus de vingt-cinq pays.
La trajectoire de Sicpa, ou le fait que cette société cultive toujours la discrétion (assez compréhensible s'agissant de sécurité), ne doit pas faire oublier l'importance de ce genre d'épopée pour comprendre et susciter des vocations industrielles. Il est assez étrange - pour ne pas dire désolant - que l'histoire économique en général, celle des entreprises en particulier, ne fassent pas partie des grands enseignements et de la recherche en sciences humaines. Il manque en Suisse romande une équipe dédiée à cette tâche. Elle pourrait venir du monde académique, mais aussi d'une fondation ou d'une association. Avec des chances assez élevées d'obtenir rapidement un certain rayonnement: les historiens des entreprises sont rares en Europe. Il est plus rare encore qu'ils soient bons.


Plus de 36.000 francs de réserves par tête

La Banque nationale a peut-être ouvert une boîte de Pandore monétaire en intervenant si massivement pour soutenir l’euro.
jean-pierre béguelin*

Ces derniers six mois, les réserves de changes suisses ont doublé, passant de 140 à quelque 280 milliards de francs. Elles s'élèvent maintenant à plus de 36.000 francs par Suisse, soit quelque vingt fois celles dont dispose un Américain, un Européen ou, même, un Chinois et ce, malgré les achats de dollars permanents des autorités de Pékin ces dernières années.
Alors, démesurées les réserves de la BNS? Gardons-nous de conclure trop vite car, pour un pays comme pour un ménage, nul critère objectif ne permet de déterminer le montant d'encaisses qu'il faut garder à titre de précaution. Les réserves de changes seront naturellement plus étoffées pour des pays à la paix fragile tels Israël ou Taïwan, aux recettes d'exportations instables comme les producteurs de pétrole ou à la mémoire encore marquée par les crises passées, celles de 1997-1998 en Asie par exemple. De plus, le montant des réserves par habitant n'est pas une mesure pertinente du besoin en liquidités internationales d'un pays, qui est par exemple nettement plus intense pour un petit État importateur que pour une grande économie quasi-autarcique. Les réserves de change doivent plutôt être jaugées à l'aune de leur utilisation possible, en les exprimant en % du PIB ou en mois d'importations qu'elles permettraient de financer si les exportations étaient bloquées.
Vu ces critères, les réserves actuelles de la BNS, quoique confortables, n'apparaissent pas démesurées. Les 32 mois d'autonomie d'importations qu'elles assurent à la Suisse sont proches du cas anglais. Ils ne dépassent que 2 à 3 fois la couverture des États-Unis ou de l'Eurozone contre 20 fois pour la comparaison par tête. Si les réserves suisses semblent fournir un coussin de sécurité un peu plus douillet en termes de PIB, c'est que depuis 10 ans la part des importations de biens a passé dans notre pays de 25 à 40% du PIB, en grande partie parce que de la demande intérieure helvétique est sous-estimée.


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